Restauration du mobilier vintage

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La restauration des meubles et objets vintage

Cet article traite exclusivement de la restauration des meubles vintage, c'est-à-dire, la rénovation, la réparation, la remise à neuf des meubles de designers produits entre les années 1930 ou 1940 et les années 1980, avec des techniques et des matériaux conformes à ceux d'origine.

Il ne traite pas du relooking de meubles récents ou plus anciens, qui, lui, consiste en la transformation de ce meuble de façon à lui faire prendre une apparence vintage, pour qu'il imite un style rétro ou bien qu'il se pare d'une patine qui lui est totalement étrangère.

Ce sont deux choses totalement différentes.

Examen des éléments à restaurer

Lorsque je procède à l'acquisition d'un meuble fabriqué il y a 40 ou 50 ans, j'examine attentivement l'état des différents éléments qui sont le plus susceptibles de subir l'injure du temps. Mon expérience me permet de déterminer rapidement, et pour chaque type de mobilier, les parties qui subissent les contraintes mécaniques les plus fortes. Savoir sur quoi doit porter le travail de restauration, c'est la première étape.

Les chaises vont ainsi souvent voir leur assise s'affaisser. Les fauteuils vont quant à eux montrer des signes d'usure sur les accotoirs, surtout si ceux-ci sont recouverts d'un tissu. Souvent, le bas du dossier va se délabrer, le cuir se déchirer, ou bien le rembourrage des coussins va perdre de son volume.

Les luminaires anciens peuvent voir leur circuit électrique oxydé, ou détérioré, et il convient ici de vérifier l'état du cordon ainsi que celui du bouton. Tous deux font partie intégrante de l'identité d'une lampe, leur maintien est donc essentiel. L'abat-jour, quand le luminaire en possède un, peut se fâner ou adopter une coloration délavée. C'est l'exposition à la lumière qui est le plus souvent responsable de cet affadissement.

Quant aux tables, c'est souvent le piètement qui est endommagé. Chaque fois que la table est poussée, déplacée, les pieds subissent des chocs, et leur ajustement sur le plateau de la table s'en ressent. Par ailleurs, ce plateau peut avoir été taché, éraflé : sur ce point, il faudra déterminer si ces petits dommages ajoutent à la valeur esthétique du meuble, témoignant du passage du temps, ou s'ils la diminuent.

Choix des techniques et des matériaux

Il faut ensuite examiner attentivement quelle est l'identité du mobilier vintage concerné par la restauration : on ne remet pas en état une commode Art Déco comme on réparerait un fauteuil Eames Lounge Chair. Les époques sont différentes, les techniques sont différentes, les matériaux sont différents.

Que faire si un matériau n'est plus disponible, ou s'il est protégé ? C'est en effet le cas de la Palissandre de Rio, une essence de bois dont l'exploitation est désormais sévèrement encadrée. Dans le cas où un meuble vintage nécessiterait qu'un élément en Palissandre soit refait, il faudra, ou bien restaurer celui-ci en fusionnant deux meubles, ou un utilisant un élément en bon état issu d'un meuble identique mais trop endommagé, ou bien trouver une essence précieuse dont la couleur, le veinage, soit identique.

Enfin, il faut se documenter de façon à connaître les techniques artisanales mises en œuvre au moment de la fabrication du meuble ou de l'objet. Ainsi, la piqûre sellier, est une technique de couture du cuir extrêmement en vogue dans la seconde moitié du XXè siècle. Fort heureusement, on trouve encore des artisans capables de réaliser cela.

Des artisans restaurateurs rompus aux techniques d'époque

Les restaurateurs auxquels nous avons recours sont des artisans experts dans leur domaine : qu'ils soient polisseur, tapissier, ébéniste ou métallurgiste, ils maîtrisent les techniques de fabrication et de réparation des meubles. Certains ont appris des techniques spécifiques qui leur permettent d'exercer leur savoir-faire sur des meubles d'un fabricant ou d'un style bien particulier.

Lorsqu'ils entreprennent la restauration du mobilier vintage que je leur confie, nous discutons des éléments qui feront l'objet du travail : cependant, ils procèdent à leurs propres vérifications, démontant la structure chaque fois cela est possible pour vérifier sa solidité, examinant le degré d'oxydation.

Parfois, nous prenons la décision de conserver une éraflure, un accroc ou une oxydation, et choisissons de laisser la réparation apparente, ou de vernir celle-ci : le meuble a ainsi été restauré, sans avoir été remis dans l'état d'origine, mais en conservant une marque qui fait parite de son identité et montre son ancienneté.